Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à Bonifacio
À Bonifacio, le premier agresseur d’une tombe est l’air lui-même. Les embruns portent du sel jusque sur les monuments, et ce sel ternit le granit poli, laisse un voile mat sur la surface et ronge les éléments métalliques : croix, lettres rapportées, charnières de petites portes, lanternes. Une pièce de métal qui paraissait solide peut présenter des traces de corrosion en quelques saisons seulement.
Le soleil intense de la Corse méridionale s’ajoute à cette érosion saline. Il ternit les marbres et efface les dorures, de sorte qu’une inscription gravée il y a vingt ans peut devenir difficile à lire. La combinaison des deux est plus sévère que chacune prise seule : le sel retient l’humidité de la nuit, puis le soleil la chasse et laisse des cristaux blancs sur la pierre.
L’automne apporte des pluies rares mais violentes, et l’été de la poussière chargée de calcaire. Sur un monument sombre, ces dépôts forment une croûte claire, plus visible encore sur un granit noir. Voilà pourquoi un simple coup de chiffon ne suffit pas à Bonifacio : il faut dissoudre le sel et le calcaire, rincer abondamment, puis laisser sécher avant toute protection.