Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à Grosseto-Prugna
Sur le golfe d’Ajaccio, le soleil est la première cause de vieillissement d’une tombe. Il ternit les marbres, efface peu à peu les dorures des inscriptions et fait craqueler les peintures posées sur les lettres. Une plaque qui semblait lisible il y a dix ans devient grise et difficile à déchiffrer.
Porticcio est au bord de l’eau. Les embruns salés se déposent sur le granit poli, lui retirent son éclat et attaquent les métaux : croix, vases, cadres de photophores et charnières de portillons se piquent de rouille ou de vert-de-gris. Un simple rinçage à l’eau ne suffit pas, il faut retirer le sel avant qu’il ne s’incruste.
Les pluies sont rares mais violentes à l’automne. Elles ruissellent sur les dalles, déposent une boue fine dans les creux des gravures, puis la chaleur de l’été laisse une poussière calcaire qui blanchit la pierre. Ce cycle se répète chaque année, et c’est pourquoi une tombe entretenue en octobre ne reste pas propre jusqu’à la saison suivante.
La saison touristique ajoute une pression que les cimetières de l’intérieur ne connaissent pas. Autour de Porticcio, la circulation d’été soulève de la poussière fine, qui se dépose en quelques semaines sur les stèles les plus proches des allées. Les familles qui reviennent en août trouvent parfois une tombe qui paraît abandonnée alors qu’elle a été soignée au printemps.