Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à Saint-Vallier-de-Thiey
Saint-Vallier-de-Thiey s’étend à l’intérieur des terres, sur les hauteurs de l’arrière-pays de Grasse. Le soleil y reste intense l’été, et il ternit les marbres tout en effaçant les dorures des inscriptions. Une plaque dont les lettres se lisaient nettement il y a dix ans devient vite une surface uniforme où l’on devine à peine le prénom.
L’automne apporte des pluies rares mais violentes. L’eau dévale les dalles inclinées, emporte la poussière estivale et la redépose sous forme de traînées sombres sur les côtés des monuments. Entre deux orages, la poussière et les dépôts calcaires de l’été reprennent leur place, d’où ce voile blanchâtre que l’on voit sur le granit foncé. L’altitude est plus fraîche que sur la côte : l’eau infiltrée dans une fissure peut y geler en hiver et agrandir la cassure d’une année sur l’autre.
Ces trois effets se cumulent : décoloration, encrassement, fissuration. Aucun ne se règle avec un coup de brosse. Sur une pierre calcaire, certains produits acides font plus de dégâts que la saleté qu’ils enlèvent, c’est pourquoi nous testons toujours sur une petite zone cachée avant de traiter toute la surface.
Les monuments les plus exposés sont ceux dont la face principale regarde le sud. Ils reçoivent le soleil de plein fouet, et leurs inscriptions pâlissent les premières. Les faces nord, plus fraîches, gardent l’humidité plus longtemps et abritent parfois des lichens gris ou verdâtres. Une même tombe peut ainsi présenter deux états très différents d’un côté à l’autre, et nous traitons chaque face selon son besoin.