Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à La Tour-d’Aigues
Dans le sud du Vaucluse, la première usure vient de la lumière. Les marbres perdent leur éclat, les faces tournées vers le sud se ternissent, et les lettres dorées pâlissent jusqu’à devenir presque invisibles. Il suffit de comparer le côté ombragé d’un monument à son côté ensoleillé pour voir l’écart.
Les pluies de la région sont rares, puis elles tombent d’un coup en automne. Le ruissellement emporte la terre des allées et la dépose sur les bordures et les socles. Une fois la pierre sèche, on voit des auréoles qui se sont fixées en séchant. Elles ne partent pas d’un coup de chiffon.
Le calcaire joue un rôle plus visible qu’on ne l’imagine. Il laisse des lignes blanches au bas des plaques, là où l’eau a perlé puis séché. Plus l’eau a séjourné, plus la trace est épaisse. Sur une dalle horizontale, où l’eau stagne davantage, ces marques sont souvent plus nettes que sur une stèle verticale.
En été, poussière et dépôts calcaires se déposent sur tout ce qui retient un peu d’humidité : vases, soucoupes, rainures de gravure. Le cimetière étant à l’écart, les visites sont parfois espacées, et cette couche s’épaissit sans que personne la voie. C’est pourquoi un passage régulier vaut mieux qu’un gros chantier tardif.