Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à Cruseilles
La commune est classée en climat montagnard, et cela se lit sur les monuments. L’hiver apporte un gel long et de la neige qui reste posée sur les dalles pendant des semaines. Sous cette couche, l’humidité stagne contre la pierre, puis le froid la fige. Au printemps, un monument qui semblait intact montre des écailles, des joints ouverts ou une plaque qui sonne creux.
Les écarts de température entre le jour et la nuit s’ajoutent à cela. Un matin d’avril peut passer en quelques heures du gel à un soleil franc sur la pierre, et ce choc répété fatigue la matière. Les surfaces claires, comme un calcaire ou un marbre blanc, marquent plus que le granit sombre, qui absorbe la chaleur et se dilate davantage mais cache mieux ses défauts.
Les lichens complètent le tableau. Sur les pierres exposées, ils forment des plaques serrées, grises ou jaunâtres, qui s’accrochent fermement. Ils sont signe d’un air propre, mais ils couvrent les inscriptions et retiennent l’eau contre la pierre. Nous les retirons avec patience, en humidifiant d’abord, pour ne pas arracher la surface avec eux.