Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à Biguglia
La commune est installée sur la plaine, près de l’étang et de la mer. Le sel porté par l’air humide se pose sur le granit poli et en atténue le brillant, tandis que les éléments en métal vieillissent mal : lanternes, garde-corps, croix. On les repère à la rouille ou aux taches vertes qui s’étendent peu à peu.
Le soleil de Haute-Corse fait le reste. Il ternit les marbres, efface les dorures et dessèche les bouquets en quelques jours. Quand les inscriptions s’éclaircissent, la lecture des noms devient pénible, notamment sur les plaques anciennes.
Une poussière fine et des dépôts calcaires recouvrent les surfaces à la belle saison. À l’automne, des pluies rares mais violentes ruissellent sur les dalles et laissent des marques. Il faut parfois deux traitements espacés pour retrouver une pierre homogène.
Biguglia est une commune étirée, avec un village ancien et de nombreux quartiers récents. Les familles qui ont grandi là sont parfois parties vivre à Bastia, sur le continent ou ailleurs, et ne reviennent qu’à quelques occasions dans l’année. Entre deux visites, la tombe reste exposée à tout ce que la plaine apporte : vent, sable fin, humidité du soir. Rien de spectaculaire en un mois, mais un effet bien visible en deux ou trois ans.
Les ornements de petite taille souffrent particulièrement : vases, cadres, lettres collées, plaques commémoratives. Le vent les déplace, le soleil les décolore, l’humidité les ternit. Pour limiter ces pertes, nous fixons proprement ce qui peut l’être et nous proposons des matériaux plus durables quand un remplacement s’impose.