Climat et matériaux
Ce qui abîme les tombes à Ambilly
Ambilly appartient à un secteur de climat montagnard. Le gel y dure l’hiver, la neige peut recouvrir les monuments, et la température change vite entre une matinée glaciale et un après-midi ensoleillé. Les pierres qui subissent ces écarts se couvrent de fines fissures où l’eau s’infiltre.
Les lichens trouvent sur les surfaces exposées un terrain idéal. Ils dessinent des disques serrés, qui grignotent le poli d’un granit ou ternissent un marbre blanc. Une plaque de bronze ou de céramique, elle, se couvre d’un voile qui rend le portrait difficile à reconnaître.
Dans une commune où le cimetière est proche des habitations, on pourrait croire que la tombe reste bien entretenue d’elle-même. En réalité, le temps agit partout au même rythme, et une sépulture que personne ne vient soigner vieillit comme les autres.
Il reste le cas des fleurs artificielles et des bibelots posés. Exposés au soleil puis au gel, ils se décolorent, se fendent et finissent par tacher la dalle. Les remplacer ou les retirer, avec l’accord de la famille, redonne tout de suite de la netteté à l’ensemble.
Une pierre blanche ou claire est la plus sensible aux taches. Un dépôt de mousse y laisse une trace verte qui persiste après le nettoyage si l’on ne traite pas la cause. C’est pourquoi nous terminons par un traitement anti-mousse, appliqué sur une pierre sèche.
Un monument sans entretien finit aussi par poser un souci de sécurité modeste : une plaque mal tenue peut glisser, un pot instable peut tomber sur le passage voisin. Nous resserrons ce qui peut l’être sans toucher à la structure, et nous signalons le reste à la famille.